4,5 millions de doses pour la Suisse: Leader de la course au vaccin, Moderna s’installe à Bâle

Le labo «biotech» américain choisit la Suisse pour son antenne commerciale européenne. Bien placée dans la recherche d’un vaccin pour contrer la Covid, elle attend les résultats sur son efficacité au plus tard en janvier.

Un pompier d’Ithaca, dans l’État de New York, participe fin juillet aux essais du vaccin contre le Covid-19 mis au point par Moderna et le National Institutes of Health américain

Un pompier d’Ithaca, dans l’État de New York, participe fin juillet aux essais du vaccin contre le Covid-19 mis au point par Moderna et le National Institutes of Health américain

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Moderna, le laboratoire «biotech» de la région de Boston qui promet depuis six mois un vaccin contre le Covid-19 dès cet hiver, a annoncé mercredi l’implantation à Bâle de sa représentation commerciale pour l’Europe. C’est sa première filiale en dehors des États-Unis.

Son nouveau responsable, Dan Staner – un Suisse passé par Eli Lilly – faisait savoir hier qu’il recruterait «entre une vingtaine et une trentaine de spécialistes, d’ici à la fin de cette année» dans la cité rhénane ou en télétravail du reste de la Suisse.

Ces effectifs, qui devraient doubler en l’espace d’un an, piloteront la fabrication et la commercialisation du vaccin, ses aspects médicaux et réglementaires, mais aussi les relations avec les différentes autorités pour son homologation et son remboursement.

4,5 millions de doses pour la Suisse

Soutenu massivement par le gouvernement américain, Moderna fait appel aux usines pharmaceutiques du groupe helvétique Lonza – à Viège et dans l’État du New Hampshire – pour lui fournir les éléments pharmaceutiques actifs nécessaires aux 500 millions de doses prévues l’an prochain.

Début août, la Confédération avait annoncé une commande de 4,5 millions de doses de ce futur vaccin. Berne avait prévu un budget de 300 millions de francs, destinés à se fournir auprès de plusieurs labos afin de vacciner 60% de la population, «dans un premier temps».

Rôle initial de la finance helvétique

Avec le consortium américano-allemand Pfizer-Biontech, Moderna est l’un des deux labos testant une nouvelle technologie vaccinale – dite de «l’ARN messager» – attendant encore de faire ses preuves. Des résultats sont espérés au plus tard en janvier, suivis d’une homologation express aux États-Unis. Des millions de doses sont d’ores et déjà fabriquées, au cas où les essais seraient probants.

Mardi dans le magazine «Bilan», Stéphane Bancel, le patron de Moderna raconte que «des investisseurs suisses – notamment le groupe Pictet et de grandes familles issues de l’entrepreneuriat – ont fourni la majorité des fonds levés en 2012», au début du développement de la société. Des financiers helvétiques qui auraient, selon cet ancien responsable de bioMérieux, détenu jusqu’à 20% du capital de Moderna, contre 10% aujourd’hui.


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