40% de différences de bonus entre hommes et femmes dans les banques

L’enquête 2019 de l’Association suisse des employés de banque (ASEB) met en avant «des tendances surprenantes et préoccupantes», selon le rapport présenté mardi à la presse, à Zurich. Les disparités salariales entre hommes et femmes augmentent à nouveau dans la finance.

L’écart atteint 23,6% et dépasse ainsi de presque 10 points de pour-cent la moyenne helvétique (14,6% dans le secteur privé). L’ASEB «exhorte les banques à adopter une politique salariale moderne», selon ce sondage auprès de 4725 participants, mené tous les deux ans depuis 2009 en collaboration avec l’institut onlineumfragen.com.

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Au niveau «collaborateur», le salaire annuel a augmenté de 7000 francs pour les hommes par rapport à 2017 et de 1000 francs pour les femmes. Les écarts se creusent aussi avec l’âge. Les hommes profitent nettement davantage que les femmes de l’augmentation de leur expérience.

L’écart de bonus a triplé

Les disparités sont encore plus flagrantes sur le bonus. «L’écart a plus que triplé», si bien que celui des hommes dépasse de presque 40% celui des femmes, note l’ASEB, laquelle demande aux instituts de s’expliquer.

Les salaires fixes ont nettement progressé en 2018 en finance puisqu’ils ont augmenté de 2,9%. L’enquête signale une autre disparité, entre les villes et les campagnes. Les salaires sont restés stables sur les deux principales places financières (Zurich et Genève) où les bonus ont diminué, alors les salaires fixes et les bonus augmentent dans les régions périphériques à tous les niveaux hiérarchiques.

L’ASB critique ici le fait que les bonus soient «imprévisibles et impossibles à planifier»: 60% des personnes sondées déclarent que leur bonus a changé, 30% qu’il a diminué et 40% avouent leur insatisfaction. «Les critères d’attribution sont incompréhensibles pour de nombreuses personnes», poursuit l’ASEB.

Au total, le degré de satisfaction au travail est très bas si l’on en juge par l’enquête. Ainsi 36,7% des participants indiquent se sentir «vides et épuisés après le travail». Il apparaît aussi que les grandes banques s’en sortent moins bien que les autres. Les résultats du sondage doivent être «considérés comme un signal d’alarme», selon le rapport.

L’ASEB présente ses revendications. Elle «exige la possibilité de concilier vie professionnelle et vie privée, davantage de femmes aux postes de direction et un salaire égal pour un travail égal».

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