Près de 14’000 postes biffés en 2015

En raison du franc fort, les entreprises suisses suppriment toujours plus de postes. L’an dernier, 387 sociétés ont annoncé des licenciements collectifs, contre 268 en 2014 ( 45%). Genève et Zurich sont les cantons les plus touchés.

L’année passée, ce sont près de 14’000 postes qui ont été biffés en Suisse, révèle lundi l’émission «10vor10» de la télévision alémanique SRF.

Quelque 84 entreprises du canton de Genève étaient concernées par environ 1700 licenciements. Un an plus tôt, elles étaient 49 à avoir renvoyé au total 1300 personnes.

Chiffre stable dans le canton de Vaud

Dans le canton de Zurich, 67 sociétés ont décidé de supprimer près de 4100 postes de travail. Si le nombre d’entreprises touchées n’a pas autant augmenté (53 en 2014) que dans le canton de Genève, celui des employés licenciés a pratiquement doublé en une année (environ 2200 postes en 2014).

Les sociétés en terres vaudoises qui ont procédé à des licenciements collectifs sont passées de 22 à 25 en 2015, un chiffre relativement stable. L’office cantonal de l’emploi n’a toutefois pas communiqué le nombre de salariés concernés.

Selon la loi, le terme de «licenciement collectif» s’emploie lorsque le nombre de personnes renvoyées s’élève à 10 pour une entreprise qui engage entre 20 et 100 travailleurs, à 10% pour une firme qui en compte entre 100 et 300 et enfin à 30 licenciements pour un établissement qui en emploie au moins 300. (ats/nxp)

(Créé: 22.02.2016, 22h50)

Les discounters paient les meilleurs salaires

Les discounters paient les meilleurs salaires

Les salaires minimum dans le commerce de détail ont été passés au crible vendredi par le Tages-Anzeiger. Et du côté des mauvais élèves, c’est Valora qui paie le salaire le plus bas. Le personnel dans les kiosques du groupe touche un revenu de base de 3600 francs. Un tarif minimum qui n’a pas évolué depuis 2010, contrairement aux autres grands détaillants, selon le journal alémanique.

Une évolution que l’on doit aux hard-discounters Aldi et Lidl qui ont entamé il y a 5 ans une bataille autour des minima à verser à leurs salariés, souligne le Tagi. Cinq ans après son arrivée sur le marché suisse, Aldi a le premier ouvert en 2010 les barèmes salariaux. Il versait alors entre 3800 et 4432 francs à ses employés, faisant du groupe l’une des sociétés qui rémunérait le mieux dans le secteur de la distribution. Aujourd’hui, Aldi verse au minimum 4275 francs à ses salariés.

Lidl à la pointe désormais

Lidl, de son côté, souffrait en 2009, avant d’ouvrir ses 2 premières filiales suisses, de la fâcheuse réputation de mal payer. Un employé était censé toucher 3500 francs par mois à 100%, soit le tarif le plus bas de tout le secteur. Au moment de s’établir dans notre pays en mars 2009, le groupe allemand avait remonté ce minimum à 3700 francs et avait signé une convention collective de travail, une première dans le monde des hard-discounters. Et aujourd’hui, le groupe, en accord avec le syndicat Syna, a augmenté tous les salaires minimaux de 100 francs, des salaires qui s’élèvent désormais à 4100 francs.

Mais il n’y a pas que les questions salariales qui comptent, les conditions de travail sont également très importantes. Et sur ce plan, les discounters peuvent encore mieux faire, souligne le Tagi. Ainsi, alors que Migros vient de faire passer le congé maternité de 16 à 18 semaines et le congé paternité de 10 à 15 jours, chez Lidl, ce même congé paternité a été relevé de 5 à 10 jours. Aldi, lui, paie désormais l’intégralité du salaire (au lieu de 90% jusqu’ici) aux femmes durant leurs 16 semaines de congé maternité. Quant à Denner, il a baissé d’une heure le temps de travail hebdomadaire de ses employés qui est passé de 44 à 43 semaines.

Des progrès à faire pour les discounters

Du point du vue syndical, les discounters allemands ont donc encore de plus mauvaises conditions de travail que Coop et Migros, relève Unia. Coop se distingue ainsi par de nombreuses réductions et avantages réservés ses employés. Quant à Migros, le bon 2e pilier offert par la caisse de pension du groupe est souligné. C’est en effet l’un des rares systèmes à offrir la primauté des prestations. Ce qui signifie que les employés savent exactement sur quel argent ils peuvent compter à leur retraite.

En outre, la question des conventions collectives est également cruciale. Si Aldi offre les meilleurs salaires minimaux du secteur, il n’adhère à encore aucune convention. Tout comme Denner. Mais la filiale de Migros se rattrape en offrant 6 semaines de vacances.

Les syndicats estiment donc que les entreprises du secteur les plus attractives en termes de conditions de travail et de salaire sont Coop, Lidl et Migros, grâce à la sécurité que garantissent les conventions collectives signées.

(nxp)

(Créé: 19.02.2016, 11h46)