Clariant fait tout pour devenir la cible d’un achat

Clariant fait tout pour devenir la cible d’un achat

Clariant joue avec le feu, à un moment où la chimie mondiale traverse une vague de fusions et d’acquisitions. Hier, le directeur du groupe de spécialités chimiques, Hariolf Kottmann, a confirmé que la division Plastics et Coatings , comptant près de 7000 employés sur un total de 17 213 collaborateurs (dont 750 en Suisse), «forme une entité juridique séparée depuis le 1er janvier 2016».

«Cela nous permet de gagner de la flexibilité stratégique», a poursuivi le directeur. Les trois domaines qui composent cette division – Pigments, Masterbatches et Additives – assurent au groupe bâlois d’être leader mondial dans les domaines des additifs et des couleurs pour différents supports comme les plastiques. «Elle génère du coup un important surplus en liquidités opérationnelles, central en cette période où le groupe doit encore financer sa restructuration», a-t-il dit.

Mais le potentiel de croissance de la division Plastic et Coatings est limité, et sa rentabilité plus faible que celle des trois autres divisions du groupe. De sorte que Clariant «veut garder ces trois activités encore trois à quatre ans», pas au-delà, a poursuivi Hariolf Kottmann.

Le problème, c’est que cette division couvre une part très importante de l’activité totale de la multinationale située à Muttenz, en gros 43% de ses ventes, et près de 35% de son résultat opérationnel brut. Les recettes de Clariant se sont montées à 5,8 milliards de francs en 2015 (–5%), et le résultat avant intérêt, taxes, amortissements et provisions s’est porté à 853 millions (–2%), pour un bénéfice en hausse de 10%, à 239 mil lions.

Ainsi, la vente de Plastics et Coatings générerait une très importante arrivée de liquidités, ce qui susciterait l’intérêt de repreneurs potentiels et d’investisseurs vautours.

Pour l’instant, Clariant «a fait comprendre qu’elle n’est pas intéressée à être reprise, et cela est accepté», a poursuivi le directeur. Mais pour combien de temps? Actuellement du moins, son actionnaire de référence, un groupe d’anciens propriétaires de Süd-Chemie (racheté par Clariant), détient 13,89% du groupe bâlois. «Ils sont intéressés par le dividende, ce ne sont pas des actionnaires activistes qui chercheraient à vendre leur part pour faire un grand profit», s’est rassuré le directeur.

Le grand défi pour Clariant consisterait à investir directement les liquidités dégagées dans une «entreprise réalisant un chiffre d’affaires de 2 à 3 milliards de francs et active dans une de nos trois autres activités (Care Chemicals, Catalysis et Natural Resources)», a espéré Hariolf Kottmann.

Preuve que le marché est très mouvant dans la chimie, BASF a annoncé, hier aussi, la vente de ses adhésifs pour un demi-milliard d’euros. Rappelons enfin que ChemChina s’intéressait à Lonza et vient finalement de lancer une offre d’achat sur Syngenta, la 9e plus importante multinationale suisse, pour 43 milliards de dollars.

(TDG)

(Créé: 18.02.2016, 10h01)