Franc de nouveau sous pression face à l’euro

Le franc suisse se trouve à nouveau sous pression contre l’euro mercredi sur le marché des changes. La monnaie unique européenne est redescendue à 1,09 franc, évoluant à son plus bas niveau depuis six semaines.

Mercredi avant 11 heures, l’euro a touché un niveau plancher de 1,09 franc, inconnu depuis le 12 janvier. Il continuait ensuite à coter tout juste un peu plus que cette valeur, alors que l’indice des valeurs vedettes de la Bourse suisse, le Swiss Market Index (SMI), perdait 1,75%.

Renforcement du franc

Depuis quelques jours déjà, le franc tend à se renforcer d’une façon générale, dans un contexte d’incertitudes et de volatilité des marchés boursiers, notamment par rapport au bas prix du pétrole. Le 4 février, il s’était pourtant affaibli significativement, l’euro touchant très momentanément le cap de 1,12 franc.

Un affaiblissement durable de la devise helvétique ne paraît donc pas pour tout de suite. L’euro a toutefois évolué le plus souvent au-dessus de 1,10 franc depuis début 2016, soit son plus haut niveau depuis le 15 janvier 2015 et l’abandon du cours plancher de 1,20 franc par la Banque nationale suisse (BNS). (ats/nxp)

(Créé: 24.02.2016, 11h35)

La politique monétaire de la BNS porte ses fruits

La nouvelle orientation politique de la Banque nationale suisse commence à porter ses fruits, selon son président Thomas Jordan. Les mesures prises par les banques centrales des pays voisins de la zone euro leur ont permis de retrouver une certaine marge de manoeuvre.

Certains pays, dont la Suisse, ont décidé de garder une politique autonome après l’introduction de l’euro. Depuis l’éclatement de la crise en 2008, il est cependant devenu plus difficile pour les pays voisins de la zone euro de mener une telle stratégie, a déclaré M. Jordan mardi lors d’un discours donné à Francfort, siège de la Banque centrale européenne (BCE).

Mieux qu’avant la crise de 2008

Dans l’ensemble, les pays voisins de la zone euro ont jusqu’ici plutôt bien résisté aux années de crise, a-t-il relevé en comparant les politiques monétaires de la Suisse, de la Suède, de la République tchèque et du Danemark.

En Suisse comme en Suède, le PIB dépasse d’environ 12% son niveau d’avant la crise et dans la République tchèque, de plus de 9%, ce qui montre les avantages d’une politique indépendante, a expliqué le président de la Banque nationale suisse (BNS) selon le texte de son discours.

Marge de manoeuvre retrouvée

En Suisse, la suppression du cours plancher le 15 janvier 2015 a permis à la BNS de retrouver une certaine marge d’action. La monnaie helvétique s’est même légèrement affaiblie au cours des douze derniers mois. Elle reste néanmoins nettement surévaluée par rapport à l’euro. Quant à l’introduction des taux négatifs, elle n’a pas, «contrairement à ce que l’on craignait», «entraîné de ruée sur le numéraire» jusqu’ici.

Mais «les options de politique monétaire ne sont pas illimitées». Les mesures conventionnelles, basées sur les taux d’intérêt, et les mesures non conventionnelles doivent être employées «avec discernement». Des conditions favorables à l’économie et une grande capacité d’adaptation des entreprises sont aussi des facteurs déterminants pour qu«un pays puisse résister aux perturbations et surmonter les crises, selon le président de la BNS. (ats/nxp)

(Créé: 23.02.2016, 14h28)

La livre britannique au plus bas contre le dollar

La livre britannique est tombée lundi à son niveau le plus faible en près de sept ans face au dollar, plombée par le ralliement de l’influent maire de Londres Boris Johnson aux partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE).

Vers 13h40, la livre sterling a atteint 1,4058 dollar, son niveau le plus faible depuis mi-mars 2009, enfonçant ainsi un précédent plus bas datant de fin janvier. Elle peinait par la suite à se reprendre, cotant 1,4134 dollar à 16h30, alors qu’elle valait encore 1,4392 dollar vendredi à 23h00.

1,41 franc ce lundi

Face à l’euro, la livre britannique était aussi sous pression, baissant à 77,99 pence pour un euro vers, contre 77,35 pence vendredi soir.

Face au franc suisse, la livre sterling valait 1,41 franc lundi vers 16h30, après un plus bas du jour à 1,4030 franc. Elle s’affichait ainsi également en net recul par rapport à un cours de 1,43 franc atteint en fin de semaine dernière.

Effet Boris Johnson

Le charismatique maire de Londres, le député conservateur Boris Johnson, a annoncé dimanche qu’il ferait campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, un revers pour le premier ministre David Cameron quatre mois avant le référendum sur la question.

«Un tel face à face entre le premier ministre et le maire de Londres (pourtant du même parti) va provoquer des grondements considérables dans le monde des investisseurs et c’est pour cela qu’ils quittent tous la livre pour chercher la sécurité relative que représente à leurs yeux le dollar, en tout cas pour le moment», a observé Augustin Eden, analyste chez Accendo Markets.

Comme l’a expliqué Simon Smith, analyste chez FxPro, «la livre s’était un peu renforcée vendredi suite à l’accord tardif entre le Royaume-Uni et l’UE sur le statut du pays au sein de l’Union», mais dimanche, «le très influent maire de Londres, qui est vu par beaucoup comme le possible successeur de David Cameron au poste de Premier ministre, s’est prononcé pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, et la livre sterling est partie sur un chemin plus prudent».

Période difficile en vue

David Cameron devait présenter lundi au parlement l’accord obtenu vendredi à l’arraché avec ses partenaires européens. Il espère convaincre une majorité de Britanniques de voter «oui» au référendum du 23 juin sur le maintien de la Grande-Bretagne.

Pour Simon Smith, la livre va connaître une période difficile, où «c’est plus l’incertitude qui va peser sur la devise que les investisseurs prenant position sur l’issue (du référendum) et les conséquences pour l’économie», deux aspects difficiles à évaluer.

Mais pour Sylvain Loganadin, analyste chez FXCM, «le marché anticipe dès à présent une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne en vendant notamment la livre sterling de façon soutenue, ce qui laisse la porte ouverte aux velléités baissières sur la devise britannique». (ats/nxp)

(Créé: 22.02.2016, 17h19)

La BNS pourrait se retrouver sous pression

La BNS pourrait se retrouver sous pression

Valeur-refuge par excellence, le franc ne s’est pas forcément beaucoup apprécié depuis le début de l’année, malgré les turbulences sur les marchés financiers. Mais les choses pourraient changer et la pression sur la BNS s’accroître, si la Banque centrale européenne (BCE) décidait en mars prochain d’abaisser son taux de dépôt en réaction aux craintes pesant sur le secteur bancaire en Europe.

La stratégie de la Banque nationale suisse (BNS), qui a décidé de décourager la détention de francs en frappant d’un taux négatif de 0,75% certains dépôts à vue des banques commerciales, semble avoir payé. Le 4 février dernier, la devise helvétique a atteint son plus bas niveau par rapport à la monnaie unique depuis l’abandon à mi-janvier 2015 du taux plancher liant les deux devises, un euro valant 1,1199 franc.

Calme des marchés européens

Cet affaiblissement a été notamment expliqué par le calme relatif sur les marchés européens. D’autres observateurs ont aussi évoqué de supposées interventions de la BNS, dont il est cependant bien difficile de trouver trace dans les statistiques hebdomadaires de l’institut d’émission.

Mais depuis le début du mois, le franc s’est quelque peu apprécié, soit de 2,3%. Vendredi en matinée l’euro se négociait à 1,1032 franc. Selon les cambistes, les positions sur les marchés dérivés montrent que les anticipations sont à nouveau à la hausse pour la devise helvétique.

Secteur bancaire au centre de l’attention

Et la semaine dernière, Thomas Jordan, le président de la BNS, n’a pas exclu que le franc retrouve un statut de valeur-refuge au vu des turbulences qui agitent les marchés européens. La devise helvétique pourrait ainsi bien se retrouver «de nouveau au premier plan».

«Nous pourrions imaginer des situations où le franc suisse s’apprécierait à nouveau si des turbulences se développaient au sein de la zone euro», note également Daniel Kalt, l’économiste en chef d’UBS Suisse, interrogé par l’agence Reuters. «Dans ce cas, nous pensons que la BNS interviendrait à nouveau.»

«Affaiblir la devise»

«A l’échelle mondiale, les banques centrales ont comme objectif d’affaiblir leur devise, et sont dans une meilleure posture pour le faire que la BNS», explique Reuters Felix Adam, directeur général du courtier ACT Currency.

Avec un bilan rapporté au produit intérieur brut parmi les plus élevés au monde et des taux plus négatifs encore que dans les autres pays qui les ont mis en pratique, les marges de manœuvre de la BNS apparaissent limitées. D’autant plus que la BCE envisage un nouvel assouplissement monétaire.

Souvenir de la crise financière ravivé

Les récentes craintes pesant sur le secteur bancaire ont ravivé le souvenir la crise financière de 2008-2009. Une très large majorité d’économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que la BCE abaisse son taux de dépôt à -0,40% au début du mois prochain, une semaine avant la tenue par la BNS de sa propre réunion de politique monétaire.

Dans ce cas, «la BNS aurait aussi besoin d’abaisser encore les taux, l’inflation demeurant nettement en territoire négatif en Suisse», souligne Antje Präfcke, économiste de Commerzbank. «Mais ses taux sont déjà tellement bas… Il arrive un moment où il vaut mieux garder l’argent sous le matelas plutôt que de supporter des taux négatifs sur un compte bancaire.»

Pour UBS, la BNS pourrait abaisser encore ses taux de 25 à 50 points de base si les interventions s’avéraient inefficaces, mais le numéro un bancaire helvétique ne banque ne croit pas à ce scénario.

«Tant que la BCE ne baisse pas ses taux de beaucoup plus que 10 points de base, la BNS tâchera d’éviter une nouvelle baisse», estime Daniel Kalt, en rappelant les dommages causés par les taux négatifs aux banques, aux assureurs et aux fonds de pension. (ats/nxp)

(Créé: 19.02.2016, 11h12)