La politique monétaire de la BNS porte ses fruits

La nouvelle orientation politique de la Banque nationale suisse commence à porter ses fruits, selon son président Thomas Jordan. Les mesures prises par les banques centrales des pays voisins de la zone euro leur ont permis de retrouver une certaine marge de manoeuvre.

Certains pays, dont la Suisse, ont décidé de garder une politique autonome après l’introduction de l’euro. Depuis l’éclatement de la crise en 2008, il est cependant devenu plus difficile pour les pays voisins de la zone euro de mener une telle stratégie, a déclaré M. Jordan mardi lors d’un discours donné à Francfort, siège de la Banque centrale européenne (BCE).

Mieux qu’avant la crise de 2008

Dans l’ensemble, les pays voisins de la zone euro ont jusqu’ici plutôt bien résisté aux années de crise, a-t-il relevé en comparant les politiques monétaires de la Suisse, de la Suède, de la République tchèque et du Danemark.

En Suisse comme en Suède, le PIB dépasse d’environ 12% son niveau d’avant la crise et dans la République tchèque, de plus de 9%, ce qui montre les avantages d’une politique indépendante, a expliqué le président de la Banque nationale suisse (BNS) selon le texte de son discours.

Marge de manoeuvre retrouvée

En Suisse, la suppression du cours plancher le 15 janvier 2015 a permis à la BNS de retrouver une certaine marge d’action. La monnaie helvétique s’est même légèrement affaiblie au cours des douze derniers mois. Elle reste néanmoins nettement surévaluée par rapport à l’euro. Quant à l’introduction des taux négatifs, elle n’a pas, «contrairement à ce que l’on craignait», «entraîné de ruée sur le numéraire» jusqu’ici.

Mais «les options de politique monétaire ne sont pas illimitées». Les mesures conventionnelles, basées sur les taux d’intérêt, et les mesures non conventionnelles doivent être employées «avec discernement». Des conditions favorables à l’économie et une grande capacité d’adaptation des entreprises sont aussi des facteurs déterminants pour qu«un pays puisse résister aux perturbations et surmonter les crises, selon le président de la BNS. (ats/nxp)

(Créé: 23.02.2016, 14h28)

La BNS pourrait se retrouver sous pression

La BNS pourrait se retrouver sous pression

Valeur-refuge par excellence, le franc ne s’est pas forcément beaucoup apprécié depuis le début de l’année, malgré les turbulences sur les marchés financiers. Mais les choses pourraient changer et la pression sur la BNS s’accroître, si la Banque centrale européenne (BCE) décidait en mars prochain d’abaisser son taux de dépôt en réaction aux craintes pesant sur le secteur bancaire en Europe.

La stratégie de la Banque nationale suisse (BNS), qui a décidé de décourager la détention de francs en frappant d’un taux négatif de 0,75% certains dépôts à vue des banques commerciales, semble avoir payé. Le 4 février dernier, la devise helvétique a atteint son plus bas niveau par rapport à la monnaie unique depuis l’abandon à mi-janvier 2015 du taux plancher liant les deux devises, un euro valant 1,1199 franc.

Calme des marchés européens

Cet affaiblissement a été notamment expliqué par le calme relatif sur les marchés européens. D’autres observateurs ont aussi évoqué de supposées interventions de la BNS, dont il est cependant bien difficile de trouver trace dans les statistiques hebdomadaires de l’institut d’émission.

Mais depuis le début du mois, le franc s’est quelque peu apprécié, soit de 2,3%. Vendredi en matinée l’euro se négociait à 1,1032 franc. Selon les cambistes, les positions sur les marchés dérivés montrent que les anticipations sont à nouveau à la hausse pour la devise helvétique.

Secteur bancaire au centre de l’attention

Et la semaine dernière, Thomas Jordan, le président de la BNS, n’a pas exclu que le franc retrouve un statut de valeur-refuge au vu des turbulences qui agitent les marchés européens. La devise helvétique pourrait ainsi bien se retrouver «de nouveau au premier plan».

«Nous pourrions imaginer des situations où le franc suisse s’apprécierait à nouveau si des turbulences se développaient au sein de la zone euro», note également Daniel Kalt, l’économiste en chef d’UBS Suisse, interrogé par l’agence Reuters. «Dans ce cas, nous pensons que la BNS interviendrait à nouveau.»

«Affaiblir la devise»

«A l’échelle mondiale, les banques centrales ont comme objectif d’affaiblir leur devise, et sont dans une meilleure posture pour le faire que la BNS», explique Reuters Felix Adam, directeur général du courtier ACT Currency.

Avec un bilan rapporté au produit intérieur brut parmi les plus élevés au monde et des taux plus négatifs encore que dans les autres pays qui les ont mis en pratique, les marges de manœuvre de la BNS apparaissent limitées. D’autant plus que la BCE envisage un nouvel assouplissement monétaire.

Souvenir de la crise financière ravivé

Les récentes craintes pesant sur le secteur bancaire ont ravivé le souvenir la crise financière de 2008-2009. Une très large majorité d’économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que la BCE abaisse son taux de dépôt à -0,40% au début du mois prochain, une semaine avant la tenue par la BNS de sa propre réunion de politique monétaire.

Dans ce cas, «la BNS aurait aussi besoin d’abaisser encore les taux, l’inflation demeurant nettement en territoire négatif en Suisse», souligne Antje Präfcke, économiste de Commerzbank. «Mais ses taux sont déjà tellement bas… Il arrive un moment où il vaut mieux garder l’argent sous le matelas plutôt que de supporter des taux négatifs sur un compte bancaire.»

Pour UBS, la BNS pourrait abaisser encore ses taux de 25 à 50 points de base si les interventions s’avéraient inefficaces, mais le numéro un bancaire helvétique ne banque ne croit pas à ce scénario.

«Tant que la BCE ne baisse pas ses taux de beaucoup plus que 10 points de base, la BNS tâchera d’éviter une nouvelle baisse», estime Daniel Kalt, en rappelant les dommages causés par les taux négatifs aux banques, aux assureurs et aux fonds de pension. (ats/nxp)

(Créé: 19.02.2016, 11h12)

La BNS n’a pas à garantir un taux d’emploi maximal

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La Banque nationale suisse (BNS) ne devrait pas avoir davantage de tâches. La commission de l’économie du National a décidé mardi par 18 voix contre 6 de ne pas donner suite à deux initiatives parlementaires socialistes. La première, déposée par le conseiller national Matthias Aebischer (PS/BE), demande que la BNS garantisse un taux d’emploi maximal….