Migros veut se lancer dans l’élevage de poissons

Alors que le marché suisse de la perche représente 2000 à 2500 tonnes par an toutes espèces confondues, la pêche dans nos lacs ne contribue en moyenne que pour 10% de ces volumes. Au final, 90% des poissons sont importés des pays baltes et d’Europe de l’Est.

C’est la raison pour laquelle Migros ambitionne de se lancer dans l’élevage de poissons en Suisse. Au sein des industries du groupe (M-Industrie), Micarna espère faire démarrer les premières piscicultures de perches dès 2017. En cas de succès, d’autres espèces pourraient suivre.

Micarna entend à terme couvrir ses propres besoins pour le marché domestique, a fait savoir son directeur, Albert Baumann, mercredi devant la presse. Pour surmonter les difficultés liées à l’élevage de la perche, l’enseigne a acheté le savoir-faire de deux frères irlandais puis créé l’an passé la coentreprise KM Seafood, basée à Schirgiswald-Kirschau (D).

Selon Albert Baumann, l’élevage des perches est laborieux et reste peu développé dans le pays tandis que les populations de cette espèce ont diminué en milieu naturel, conséquence de la trop grande «pureté» de nos eaux douces. A terme, l’objectif du projet de Migros est de faire venir les alevins (jeunes poissons) d’Allemagne jusqu’aux installations appropriées en Suisse.

Société valaisanne déjà à l’oeuvre

Mais il se trouve qu’à Rarogne (VS), Valperca est la première société au monde à avoir mis au point, voici vingt ans, un procédé permettant l’élevage de perches en bassin de l’oeuf aux filets. Avec 240 tonnes de production par an, l’entreprise commercialise 80 tonnes de filets, soit 3% du marché, a précisé à l’ats son directeur David Morard.

Valperca fournit notamment Migros et Coop. Au vu de la forte demande, elle entend agrandir cette année ses installations afin d’accroître la production à 150 tonnes de filets par an. «Nous avons été informés en 2014 par Migros de leur intention de créer leurs propres élevages. Nous n’avons pas peur de la concurrence», assure David Morard.

Le spécialiste relève les défis que constitue une production à l’échelle industrielle, en termes de qualité. Sans parler des lacunes en matière de recherche et de formation dans le domaine de la pisciculture. (ats/nxp)

(Créé: 24.02.2016, 17h59)