La vente d’automobiles neuves est un excellent indicateur pour jauger de l’état de santé d’un pays. Selon les statistiques publiées mercredi par l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles), ces ventes ont augmenté de 8,4% entre janvier et mars de cette année dans les 27 Etats de l’Union européenne, en comparaison avec la même période de 2016.

C’est en Grèce que la hausse a été la plus spectaculaire: 37,7%. Ses habitants ont ainsi racheté plus de 21 000 automobiles neuves, contre un peu plus de 15 000 l’an dernier. Ces chiffres montrent que ce pays semble sortir d’une de ses pires récessions. De quoi mettre du baume au cœur: ce week-end, la Grèce sera à nouveau au cœur des discussions du FMI, sommé par les Européens de participer à un nouveau plan d’aide. Athènes n’aura pas la partie facile, car les Etats-Unis de Donald Trump pourraient bien grimacer à l’idée de se porter encore une fois au secours des Grecs.

Mais la hausse des ventes automobiles est aussi importante dans deux gros marchés européens, les Pays-Bas et la Pologne. Les Hollandais se sont rués sur les voitures neuves. Résultat: 22,8% de ventes supplémentaires, à plus de 120 000 unités, contre à peine 98 000 entre janvier et mars 2016. La progression a aussi été forte en Pologne: 20,3% avec près de 126 000 automobiles écoulées.

Selon l’ACEA, les cinq plus importants marchés européens ont aussi bien réagi. La progression enregistrée en Espagne (7,9%) et en Allemagne (6,7%) n’est pas étonnante: selon les experts de la banque BNP Paribas, la péninsule Ibérique devrait boucler 2016 avec une progression de 3% de son Produit intérieur brut, et l’Allemagne pourrait atteindre 1,8%.

La bonne surprise vient d’Italie: de janvier à mars, les habitants de la Botte ont acheté 582 000 voitures neuves, contre 520 000 en 2016 (hausse de 11,9%).


Stagnation en Suisse

Quant au marché suisse, il stagne: la progression est modeste (1,1%), les habitants s’étant contentés d’acheter 72 769 véhicules neufs contre 71 957 l’an dernier. Seuls deux Etats de l’Union européenne affichent un résultat encore pire: la Finlande et, bonne dernière, l’Irlande.

Côté marques, Volkswagen trône en tête du classement malgré ses déboires liés au scandale des moteurs diesel trafiqués. Le fabricant de Wolfsburg a écoulé durant cette période plus de 430 000 automobiles, soit 14 000 de plus que l’an passé.

La médaille d’argent est décrochée par le fabricant américain Ford, qui a vendu 308 000 automobiles de tourisme. De quoi réjouir ses dirigeants à Detroit, mais aussi les habitants des régions dans lesquelles sont implantées ses usines: en Espagne (Navarre et Valence), en Allemagne (Sarre et Cologne) et en France (Bordeaux). Sans oublier l’Angleterre, où la marque maintient deux gros sites. L’an dernier, Ford menaçait de moins y investir à cause du Brexit. Aujourd’hui, son discours s’est beaucoup tempéré.

Avec 289 000 voitures achetées, Renault est troisième du classement, devant Opel/Vauxhall et Peugeot. Roland Rossier

(TDG) monchange.ch