La Suisse, l’Australie, la France et bien sûr les Etats-Unis. Ces quatre pays sont la cible de nouveaux projets d’expansion d’Amazon. En quelques jours, le numéro un mondial d’e-commerce a lancé des initiatives pour étendre davantage sa domination planétaire. Amazon a lancé son système de paiement électronique en France, démarré ses services de vente en ligne en Australie, commencé des tests de retrait de marchandises aux Etats-Unis… Et le géant devrait, , concurrencer cette année, en Suisse, LeShop.ch et Coop@home. Au niveau global, Amazon a même déposé un brevet pour fabriquer des vêtements à la demande.

Plus rien ne semble résister à la multinationale dirigée par Jeff Bezos. En chiffres, Amazon est déjà une multinationale bien établie. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 136 milliards de dollars (autant en francs) en 2016, un bénéfice de 2,4 milliards et compte désormais plus de 341 000 employés sur la planète. Le temps où Amazon, fondée en 1994, n’était qu’un site de vente en ligne, semble bien loin. Ce diffuseur de musique, producteur de séries et de films accroît sa puissance en ligne via ses dizaines de centres de données. Tout en testant de nouvelles façons de vendre via des magasins physiques. Le point avec quatre exemples récents.

Payer en ligne avec Amazon

Depuis cette semaine, le service Amazon Pay est disponible en France. Déjà présent sur 170 marchés – mais pas encore en Suisse –, il permet de payer sur un site tiers sans avoir à lui fournir des indications concernant ses cartes de crédit. Il suffit, pour l’internaute, d’entrer son login Amazon et le mot de passe qui lui est associé. Une façon, pour l’internaute, d’acheter en ligne sans avoir à fournir, au site qui l’intéresse, ses informations bancaires: il place toute sa confiance en Amazon. Pour l’heure, la multinationale n’a que trois partenaires pour son service en France: Colette, Doctipharma et Nature & Découvertes. D’autres devraient rapidement suivre.

Au niveau mondial, Amazon Pay est utilisé par 33 millions d’internautes. Et 32% de leurs achats ont été effectués via un smartphone. Amazon gagne de l’argent via ce service: il touche une commission de 1,4 à 3,4% sur le montant de la commande, plus 25 centimes d’euro par transaction. La société de Jeff Bezos concurrence ainsi frontalement PayPal et Apple Pay.

De nouveaux magasins physiques

Fin mars, Amazon dévoilait son service Fresh Pickup. L’idée: effectuer sa commande en ligne, puis venir la retirer dans un magasin physique. Les consommateurs peuvent acheter des produits frais, des produits laitiers, du pain ou encore de la viande. Les abonnés du service «Prime» (qui coûte 99 dollars par an) ne devront payer aucun surcoût – ils sont déjà 65 millions rien qu’aux Etats-Unis. Amazon affirme vouloir servir certains clients privilégiés en l’espace de quinze minutes. Les autres devront patienter deux heures avant de venir chercher leurs aliments.

Pour l’heure, Fresh Pickup n’existe que sous forme de test, réservé à des employés d’Amazon, qui peuvent venir ainsi se fournir dans deux magasins situés à Seattle – ville du nord des Etats-Unis où est basée la multinationale. La société n’a pas encore dévoilé de date pour proposer ces services à ses clients. Sur ce terrain, Amazon fera face avant tout à Wal-Mart sur sol américain: d’ici à la fin de l’année, la première chaîne de supermarchés au monde compte créer un millier de points de retraits similaires dans le pays.

En parallèle, Amazon continue à tester ses supermarchés sans employés: les clients (là aussi des employés de la société) sont scannés en permanence et ne doivent pas sortir leur porte-monnaie en quittant le magasin. , le système Amazon Go n’est pas encore au point: s’il y a plus de 20 clients dans le magasin, le système n’arrive plus à comprendre qui achète quoi.

A noter qu’en plus de ces tests, Amazon livre déjà des produits frais à domicile dans plusieurs pays, dont le Japon depuis cette semaine.

Des projets en Suisse

Amazon pourrait concurrencer LeShop.ch et le service Coop@Home cette année encore, . Le service «Pantry», déjà lancé notamment en France, en Belgique, en Allemagne et en Autriche, permet à l’internaute de commander sodas, couches-culottes, pâtes alimentaires ou encore croquettes pour chat. En France, «Pantry» coûte 3,99 euros (4,30 francs) par carton rempli et 99 centimes d’euro par carton supplémentaire. Une boîte, écrit Amazon sur son site, peut contenir jusqu’à 20 kilos de produits, ou un volume de 110 litres.

Des vêtements à la demande

Amazon est déjà présent dans le monde de l’habillement et de la mode, via ses boutiques en ligne et ses conseils gratuits de relooking («Outfit Compare»). La société veut aller plus loin, affirmait cette semaine : Amazon a déposé un brevet pour la fabrication d’habits sur demande. Plus besoin de gérer des stocks de millions de pièces, les vêtements seraient confectionnés uniquement après avoir été choisis par le client via Internet. La société a imaginé une chaîne de production complète, intégrant imprimantes textiles, outils de découpe et une chaîne de montage. Ensuite, la multinationale pourrait aller plus loin en fabriquant, ou en faisant fabriquer, chaussures, literie ou rideaux à la demande. Amazon a déjà vendu, au quatrième trimestre 2016, 60 millions d’habits en Europe,.

Lire aussi:

  • Amazon pourrait valoir mille milliards de dollars, selon Barclays
  • Amazon attaque Netflix sur le champ de la vidéo, aussi en Suisse

monchange.ch