ABB a bien entamé l’année 2017. Malgré des ventes en repli, le géant zurichois de l’électrotechnique a vu son bénéfice net bondir au premier trimestre de près de moitié ( 45%) au regard de la période correspondante de l’an dernier, à 724 millions de dollars.

L’envol du bénéfice net reflète notamment un gain lié à la cession à la société allemande NKT Cable des activités dans le domaine des câbles à haut voltage, précise jeudi le groupe sis à Zurich. La transaction, devisée à 836 millions d’euros (884 millions de francs), avait été annoncée en septembre 2016.

La cession, qui a reçu fin février le feu vert de la Commission européenne, a aussi entraîné des charges au titre des engagements liées à cette activité. Le désinvestissement s’inscrit dans le cadre du processus de transformation de la division Réseaux (Power Grids) et du programme stratégique Next Level.

L’unité cédée avait dégagé en 2015 des ventes de 524 millions de dollars. ABB note également l’impact négatif sur le bénéfice net de frais liés aux acquisitions ainsi que d’autres éléments exceptionnels.

Commandes en baisse

Le résultat d’exploitation avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA) s’est lui tassé de 1% en l’espace d’un an à 943 millions de dollars. Sur une base comparable, la rentabilité a cependant progressé de 2%.

De janvier a fin mars, ABB a dégagé des revenus de 7,85 milliards de dollars (7,82 millions de francs), un montant inférieur de 1% à celui affiché il y a un an. Ajusté des effets de change et des changements intervenus au niveau du périmètre de consolidation, le chiffre d’affaires a cependant progressé 3%.

Les entrées de commandes se sont également repliées, de 9% à 8,4 milliards de dollars. Le tassement, qu’ABB explique par une contraction des gros contrats dans le domaine des réseaux électriques ainsi que dans l’automation industrielle, apparaît moins fort sur une base comparable, la baisse se limitant à 3%.

Les commandes de base, soit celles d’un montant inférieur à 15 millions de dollars, ont diminué de 1%, alors que celles dépassant ce seuil ont plongé de moitié. A fin mars, le carnet d’ordres s’établissait à 23 milliards de dollars, 11% de moins qu’un an auparavant.

Mieux qu’attendu

La performance d’ensemble s’est révélée supérieure aux attentes des analystes. Sondés par l’agence awp, ces derniers avaient en moyenne anticipé un chiffre d’affaires 7,8 milliards de dollars, un EBITA de 929 millions, un bénéfice net de 490 millions et des commandes de 8,53 milliards.

Les investisseurs ont visiblement jugé les résultats satisfaisants. Dans les premiers échanges à la Bourse suisse, le titre ABB gagnait 0,58% à 22,41 francs, alors que l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) abandonnait 0,18%.

En matière de rentabilité, trois des quatre divisions constituant le groupe sont parvenues à améliorer leur marge EBITA. Seule l’unité Robotique et moteurs (Robotics and Motion) a subi une baisse.

Dans le détail, les ventes de la division des produits d’électrification (Electrification Products) sont demeurées stables à 2,29 milliards de dollars. Les commandes ont crû de 1% à 2,53 milliards.

Prudence de mise

Le segment des robots et moteurs a aussi bénéficié d’une demande en hausse, les commandes s’étoffant de 4% à 2,18 milliards de dollars. Le chiffre d’affaires a gagné 3% à 1,93 milliard de dollars.

L’évolution s’est révélée moins favorable pour la division de l’automation industrielle (Industrial Automation), ses commandes se contractant de 8% à 1,68 milliard de dollars et ses revenus de 7% à 1,55 milliard de dollars. Sous l’effet de sa transformation, Power Grids a vu ses ordres dégringoler de 20% à 2,38 milliards de dollars, alors que ses ventes ont fondu de 2% à 2,41 milliards de dollars.

Evoquant la suite de l’exercice, ABB se montre prudent. Le groupe se contente d’observer les tensions et incertitudes géopolitiques qui prévalent actuellement, alors que la croissance mondiale affiche une dynamique de croissance modeste.

Les prix du pétrole, qui influencent la propension à investir de certains clients, continueront de mettre au défi ABB. Le groupe, qui s’estime bien positionné pour saisir les opportunités qui se présenteront et afficher une croissance rentable, mentionne également la persistance d’importantes variations en matière de taux de change.

Faisant le point sur l’enquête en cours sur les malversations découvertes au sein de la filiale sud-coréenne, ABB confirme que l’impact de ces agissements sur sa performance demeure modeste. L’affaire s’est limitée au seul pays du matin calme. (ats/nxp)

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